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dimanche 8 octobre 2017

Plaisirs coupables

Avec mes deux cours de graphisme au programme cet automne (puisqu'il faut bien se changer des lettres pour ne pas perdre la flamme), je me retrouve avec peu de moments libres pour palabrer sur la langue française. Ce ne sont pas les sujets qui manquent, mais le temps pour vérifier frénétiquement chaque tournure et chaque accord de ces billets. Nous nous reprendrons dans quelques semaines.

Ceci ne m'empêche pas d'avoir des yeux et de sautiller sur place dans un mélange d'irritation et d'excitation chaque fois que j'aperçois une improbable coquille bien en vue dans les rues de Montréal. Cadeau de l'extension que nous avons maintenant presque tous au bout du bras, je peux maintenant partager mon émoi. Voici donc la récolte de ma petite virée de dimanche dernier.

Pour les profanes, sachez que, sous nos grands airs de désolation face à la dégradation de la langue française, nous, humbles et dignes rédacteurs, ressentons immanquablement pendant l'exercice une secrète jubilation proportionnelle à la « cradeur » de la coquille relevée...

Deux savoureuses coquilles... sans même s'attarder à la typographie

Ouille, j'ai mal à ma cohérence. Et merci pour ce S incongru!

Un excès de zèle.

lundi 8 mai 2017

Un prêtre qui a de l'avenir en révision

Tout spécialiste des mots peut vous raconter en frissonnant au moins une histoire d'horreur, une situation professionnelle où ses yeux ont laissé passer une coquille abominable, habituellement située sur une page couverture ou tout autre endroit extrêmement visible. Des campagnes d'affichage chics et chères ont dû être réimprimées pour cause de « faute si flagrante que même un élève du primaire l'aurait vue »!

Comment expliquer cet angle mort? 


Tout d'abord, le cerveau adoooooore compartimenter, segmenter, répartir dans des petites cases. Par souci d'efficacité, il fait facilement abstraction de tout ce qui lui paraît superflu pour se diriger droit vers l'essentiel. Encore mieux, c'est un champion de l'anticipation qui comble les « trous » pour accélérer son rythme de lecture.

Tout cela est bien pratique pour survoler les pages d'un magazine en repérant en un coup d'oeil les extraits dignes de notre précieuse attention. Aux oubliettes le numéro de folio, le crédit sous la photo ou cette publicité trop belle pour être vrai. On se précipite sur le corps du texte pour dévorer les mots et passer le plus rapidement possible à travers cet article. 

Ce sont ces mêmes aptitudes qui nous jouent de cruels tours lorsque la révision fait partie de notre gagne-pain. La vue d'une affiche qui attend mon approbation me cause presque toujours une cabriole dans l'estomac. Je traite le mandat solennellement, énonçant chaque mot à voix haute, en suivant le tout avec un stylo. Paradoxalement, recevoir un document de quelque 100 pages à réviser m'inspire un grognement de plaisir anticipé. Mes coreligionnaires comprendront...

Le truc? Morceler les étapes de révision


L'expérience m'a appris à déjouer ce fieffé cerveau en « morcelant » les étapes de révision. Je commence par lui retirer la bride en le laissant se ruer sur les paragraphes. Ensuite, je reprends du début pour me concentrer plus particulièrement sur les « à-côtés » : titres, sous-titres, légendes, crédits de photo et tous ces petits bouts de textes que nos méninges dédaignent habituellement. 

Puis vient la troisième et aussi importante étape, celle de la « révision graphique ». Y a-t-il une photo ou un élément visuel qui pourrait prêter au ridicule? Une voiture stationnée devant un panneau d'interdiction (déjà vu), un chien dans un parc où ils sont interdits (vu aussi) ou encore un politicien qui semble coller cette contribuable d'un peu trop près en raison de l'angle choisi par le photographe (oui, vu)?

Une amie m'a fourni cette semaine un délicieux exemple que je m'empresse de partager avec vous pour illustrer ces propos. Travaillant sur une campagne promotionnelle soulignant l'anniversaire d'une paroisse, elle a soumis aux responsables de l'église deux affiches réalisées par une graphiste à partir de textes et d'images choisis par ses soins. Bien sûr, ces affiches ne lui avaient valu qu'un concert d'éloges jusqu'à ce moment. 


C'est le prêtre lui-même qui a constaté l'incongruité (laquelle, je dois souligner, paraissait moins évidente pour qui contemplait l'affiche dans son ensemble) et fait remarquer poliment que cette chapelle paraissait plus vide que « remplie de fidèles »!

En révision, des yeux neufs ne seront jamais de trop. Si ceux de votre ministre du culte ne sont pas disponibles, n'hésitez pas à avoir recours à votre conjoint, facteur ou vétérinaire avant de lancer l'impression de cette campagne sur laquelle vous avez besogné pendant des mois!



lundi 1 mai 2017

1er mai? Pas si vite! C'est encore le 31 avril...

Les erreurs les plus navrantes sont également les plus flagrantes! Comme ce calendrier qui affiche fièrement à la fois un 31 avril et un 1er mai aujourd'hui :


Soyons magnanime et taisons l'origine de ce document infâme, qui est actuellement affiché dans des centaines, voire des milliers de bureaux.

Après tout, pour qui la fin de mois est un peu difficile, il peut être utile de brandir ce document devant un créancier : « Déjà le premier? Hum... ce n'est pas ce que je vois ici. »

Blague à part, cette anecdote nous rappelle que les erreurs se glissent partout, pas seulement dans le corps du texte. Une bonne révision doit tenir compte de tous les éléments : titres, légendes, notes de bas de page, etc.